TRA SE 116 ou report modal de la route vers le rail n’est plus un simple engagement RSE : il s’agit désormais d’un levier financier stratégique pour les directions industrielles et logistiques. La fiche d’opération standardisée en vigueur pour le fret ferroviaire, référencée TRA-SE-116, transforme chaque tonne-kilomètre basculée sur le réseau ferré national en valorisation CEE. Pour les chargeurs, les industriels agroalimentaires, les cimentiers ou les sidérurgistes, ce dispositif bonifié constitue un accélérateur de décarbonation doublé d’une optimisation du CAPEX logistique.
Dans un contexte de Période 6 où le PNCEE durcit ses contrôles et où l’obligation des énergéticiens atteint des sommets, la TRA-SE-116 se distingue par un coefficient de bonification X4 maintenu pour les flux routiers basculés vers le rail. Le cadre juridique a été renforcé par l’arrêté du 30 décembre 2024, qui précise les modalités de relevé de trafic et sécurise les dossiers face aux rejets administratifs.
Les enjeux sont déterminants : signature de contrats pluriannuels avec un opérateur ferroviaire agréé, traçabilité des marchandises selon la nomenclature NST 2007, justification documentaire irréprochable du report modal. Chaque étape conditionne la prise en charge significative du dispositif.
Planifier votre audit stratégique et gisement CEE : audit bonification fret ferroviaire TRA-SE-116.
En Bref
- Dispositif : fiche standardisée TRA-SE-116 dédiée au fret ferroviaire national, applicable aux chargeurs basculant leurs flux routiers vers le rail.
- Bonification : coefficient multiplicateur X4 pour les marchandises transférées de la route vers le ferroviaire ou nouvelles selon NST 2007 niveau 2.
- Durée contractuelle : contrat de prestation de 3 à 12 mois renouvelables entre le chargeur et l’opérateur de fret ferroviaire.
- Preuves obligatoires : lettres de voiture antérieures, relevés de trafic détaillés, attestation de traction (électrique ou thermique).
TRA-SE-116 : le mécanisme technique du report modal valorisé
La fiche TRA-SE-116 s’adresse exclusivement aux opérations de transport ferroviaire de marchandises exécutées sur le réseau ferré national français. Le bénéficiaire du dossier CEE est le chargeur, c’est-à-dire l’entreprise qui confie ses marchandises. L’opération est mise en œuvre par un opérateur ferroviaire régulièrement autorisé à circuler sur le réseau. Cette distinction est déterminante : trop de dossiers échouent au PNCEE parce que le porteur du dossier n’est pas correctement identifié dans la chaîne contractuelle.

Conditions d’éligibilité et traction : des critères incontournables
Pour sécuriser le financement, plusieurs conditions cumulatives doivent être respectées. Le contrat doit porter sur des marchandises précédemment acheminées par route, avec preuves documentaires à l’appui : lettres de voiture, schémas de transport antérieurs, factures de prestataires routiers. Sans cette antériorité routière démontrée, le dossier est systématiquement rejeté.
Le type de traction influence directement la valorisation. La traction 100 % électrique génère des économies d’énergie supérieures à la traction thermique, ce qui accroît mécaniquement le volume de kWh cumac éligibles. Les schémas de transport combinés, avec un pré-acheminement ou post-acheminement routier limité, restent acceptés dès lors que le maillon ferroviaire représente le segment principal. La doctrine officielle sur la bonification fret ferroviaire publiée par le Ministère confirme ce cadre d’application.
Le relevé de trafic : pièce maîtresse du dossier
L’opérateur de fret ferroviaire doit produire un relevé de trafic rigoureux détaillant chaque rotation : origine, destination, tonnage, catégorie NST 2007 niveau 2, distance parcourue sur le réseau national, mode de traction. Lorsque la durée du contrat est inférieure ou égale à six mois, le relevé couvre l’intégralité de la période. Au-delà, des relevés semestriels sont exigés. Cette traçabilité, couplée à un audit documentaire conforme aux référentiels COFRAC, constitue la première ligne de défense contre les rejets du PNCEE.
Ingénierie financière et stratégie d’optimisation pour les chargeurs
Pour un industriel qui expédie plusieurs centaines de milliers de tonnes par an, la bascule d’un flux routier majeur vers le rail représente une optimisation du financement substantielle sur la durée du contrat. L’arbitrage ne se limite pas à l’empreinte carbone : il intègre le coût logistique global, la fiabilité des délais, l’impact OPEX de la volatilité des prix du gazole, et la prise en charge significative offerte par le dispositif CEE.
Illustration : un cimentier face à l’arbitrage modal
Prenons le cas fictif d’un groupe cimentier exploitant trois sites de production en France et expédiant historiquement 80 % de ses volumes par camion. L’analyse de son schéma logistique révèle que deux corridors principaux — un axe Nord-Sud et un axe Est-Ouest — disposent de raccordements ferroviaires ou d’installations terminales embranchées à proximité. En signant un contrat de 12 mois avec un opérateur ferroviaire agréé, et en fournissant les lettres de voiture historiques prouvant l’antériorité routière, le groupe active la bonification X4. Le résultat se traduit par une baisse du CAPEX sur les investissements connexes (wagons dédiés, aménagements de quai) et un lissage de l’OPEX transport.
Combinaison avec d’autres dispositifs de la Période 6
La TRA-SE-116 peut être articulée avec d’autres leviers stratégiques pour maximiser la valorisation globale. Parmi les combinaisons pertinentes :
- Fret fluvial : pour les chargeurs disposant d’accès portuaires, le dispositif complémentaire valorisant le report modal vers la voie d’eau. Consultez les conditions de la bonification fret fluvial TRA-SE-117.
- Coups de pouce transports : articulation avec les aides au renouvellement de flotte lourde et à la motorisation alternative sur les pré-acheminements.
- Optimisation logistique : couplage avec les fiches sectorielles sur la gestion de tournées et le taux de remplissage.
- Veille réglementaire : suivi continu des évolutions du dispositif via les coups de pouce CEE Période 6.
Le positionnement Ronin Solution : Tête de réseau EDF au service du fret décarboné
Face à la complexité croissante des dossiers TRA-SE-116 — relevés de trafic, classification NST 2007, antériorité routière documentée, conformité aux arrêtés successifs — le choix du mandataire CEE détermine la réussite financière du projet. Ronin Solution se distingue comme mandataire multiobligés et rare Tête de réseau EDF, ce qui confère un accès direct à l’obligé final et une capacité d’arbitrage commercial inaccessible aux simples plateformes de dépôt.
Notre intervention couvre l’intégralité du cycle : audit du gisement, qualification de l’antériorité routière, sécurisation du contrat de prestation avec l’opérateur ferroviaire, industrialisation du relevé de trafic, conformité documentaire aux exigences du PNCEE. Notre réactivité absolue face aux demandes de compléments ou aux rejets administratifs préserve la valeur du dossier jusqu’à la délivrance effective des certificats. Ingénierie financière sur-mesure de A à Z, zéro paperasse pour vos équipes : votre DAF et votre direction logistique se concentrent sur leur cœur de métier pendant que nous orchestrons la chaîne CEE.
Qui peut bénéficier de la prime CEE TRA-SE-116 ?
Le bénéficiaire est le chargeur, c’est-à-dire l’entreprise industrielle ou commerciale qui confie ses marchandises à un opérateur de fret ferroviaire agréé sur le réseau ferré national français. L’opérateur lui-même ne peut pas déposer le dossier en son nom propre.
Quelle est la durée minimale du contrat ferroviaire éligible ?
Le contrat de prestation entre le chargeur et l’opérateur de fret ferroviaire doit avoir une durée minimale de trois mois. Il peut s’étendre jusqu’à douze mois et être renouvelable, avec production d’un relevé de trafic couvrant l’ensemble de la période contractuelle.
Quelle preuve fournir pour démontrer l’antériorité routière des flux ?
Les pièces justificatives incluent les lettres de voiture routières antérieures, les factures de transporteurs routiers, les études de schémas de transport et tout document attestant que les mêmes types de marchandises — au sens NST 2007 niveau 2 — étaient précédemment acheminés par la route.
La traction thermique est-elle aussi valorisée que la traction électrique ?
Les deux modes de traction sont éligibles à la fiche TRA-SE-116. Toutefois, la traction 100 % électrique génère un volume d’économies d’énergie supérieur, ce qui se traduit par une valorisation CEE plus avantageuse pour les flux concernés.
Quel est le coefficient de bonification applicable en 2026 ?
La bonification maintenue s’élève à un coefficient multiplicateur X4 pour les opérations concernant des marchandises antérieurement transportées par voie routière ou pour de nouvelles marchandises classifiées selon la NST 2007 niveau 2.
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