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Prix des carburants : les distributeurs réclament le retrait du projet gouvernemental controversé

les distributeurs de carburants demandent le retrait du projet gouvernemental controversé, face à la hausse des prix qui impacte les consommateurs.
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Par Morgan NEVIERE

La tension entre le gouvernement et les géants de la distribution autour du prix à la pompe atteint un palier inédit. Un projet de décret, révélé mi-avril, ambitionne d’indexer le prix des carburants sur une moyenne glissante des cotations de Rotterdam calculée sur cinq jours, ce qui reviendrait à plafonner les marges des distributeurs.

La réaction du secteur ne s’est pas fait attendre : dans une lettre commune adressée à Matignon, les dirigeants des principales enseignes qualifient le texte d’« injuste, inapplicable et illégal ». Au-delà du bras de fer politique, cette affaire met en lumière un levier souvent sous-estimé par les professionnels du transport et de la distribution : les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), dont la suspension est explicitement réclamée par les distributeurs pour alléger la facture à la pompe.

Ce débat ne concerne pas uniquement les automobilistes. Pour les directeurs financiers de flottes de transport, les exploitants agricoles dépendants du GNR, les directeurs techniques de sites logistiques ou encore les syndics gérant des chaufferies collectives, la structure du prix des carburants conditionne directement l’OPEX. Or, le mécanisme CEE représente une composante réelle de ce prix, souvent mal comprise et encore plus rarement optimisée. Comprendre les ressorts de cette polémique, c’est aussi saisir l’opportunité d’agir sur ses propres charges énergétiques plutôt que de subir passivement les arbitrages réglementaires.

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En Bref

  • Un projet de décret gouvernemental prévoit d’encadrer les marges des distributeurs de carburant en les indexant sur les cotations de Rotterdam sur une moyenne glissante de cinq jours.
  • Les principaux distributeurs ont adressé une lettre commune au Premier ministre pour exiger le retrait du texte, qu’ils jugent « injuste, inapplicable et illégal ».
  • La suspension des CEE est réclamée par le secteur de la distribution comme alternative pour faire baisser les prix à la pompe, ce qui aurait des répercussions majeures sur la Période 6.
  • Le lien entre prix du carburant et dispositif CEE représente un levier d’optimisation financière déterminant pour les professionnels du transport, de l’industrie et du tertiaire.

Encadrement des marges sur les carburants : genèse et contenu du projet de décret

Le projet de décret en préparation à Matignon ne sort pas de nulle part. Depuis plusieurs mois, les prix à la pompe restent à des niveaux élevés malgré une relative accalmie sur les marchés pétroliers internationaux. Le gouvernement, sous pression de l’opinion publique et de plusieurs groupes parlementaires, a choisi d’agir sur le maillon qu’il estime le plus accessible : la marge des distributeurs. Le mécanisme envisagé consiste à indexer le prix maximum autorisé en station-service sur une moyenne glissante des cotations du marché de Rotterdam, calculée sur cinq jours ouvrés. Concrètement, un distributeur ne pourrait plus vendre au-delà d’un plafond défini par cette référence, augmentée d’une marge réglementée.

Cette approche s’inspire de modèles existants dans certains pays européens, mais sa transposition au marché français soulève des difficultés techniques considérables. Le marché de Rotterdam est un marché de gros, dont les cotations intègrent des paramètres logistiques, fiscaux et spéculatifs très différents selon les zones géographiques. Appliquer une moyenne glissante de cinq jours revient à lisser des variations parfois brutales, ce qui peut pénaliser un distributeur ayant acheté son stock à un prix supérieur la semaine précédente. Comme le relèvent les analyses publiées dans la presse économique, le texte ne prend pas en compte la diversité des modèles d’approvisionnement entre grandes surfaces, réseaux pétroliers et stations indépendantes.

Les distributeurs pointent également un problème de légalité. Le décret, tel qu’il est rédigé, pourrait entrer en conflit avec les principes de libre concurrence garantis par le droit européen et le code de commerce français. Plusieurs juristes ont déjà alerté sur le risque de contentieux devant le Conseil d’État. La question du périmètre est tout aussi épineuse : le texte vise-t-il uniquement le SP95, le gazole, le E85, le GNR agricole ? La rédaction actuelle laisse planer un flou que les professionnels jugent inacceptable pour un texte à portée contraignante.

Pourquoi les distributeurs qualifient le texte d' »inapplicable »

L’argument de l’inapplicabilité technique n’est pas un simple effet de communication. La chaîne d’approvisionnement en carburant est un système complexe impliquant des raffineurs, des négociants, des dépôts régionaux, des transporteurs et enfin des points de vente. Chaque maillon ajoute un coût variable selon la période, la région et le volume. Un plafond de marge calculé à partir d’une cotation internationale unique ne reflète pas cette réalité opérationnelle. À titre d’exemple, une station-service en zone rurale, approvisionnée par un dépôt éloigné, supporte des coûts logistiques nettement supérieurs à ceux d’une grande surface située à proximité d’un dépôt portuaire. Appliquer le même plafond de marge aux deux revient à condamner la première à la perte sèche.

Les systèmes informatiques de gestion des prix, aujourd’hui paramétrés pour intégrer des dizaines de variables en temps réel, devraient être entièrement reconfigurés pour respecter un mécanisme d’indexation à cinq jours. Les distributeurs estiment le coût de mise en conformité à un niveau incompatible avec les marges réelles du secteur, qui sont déjà parmi les plus faibles du commerce de détail. Ce point technique, rarement mis en avant dans le débat public, constitue pourtant l’un des obstacles les plus concrets à la mise en œuvre du décret.

La demande de suspension des CEE : un levier alternatif réclamé par la distribution

L’élément le plus stratégique de la lettre envoyée à Matignon réside dans une revendication qui dépasse largement la question des marges : la suspension des Certificats d’Économies d’Énergie. Les distributeurs de carburant, en tant qu’obligés du dispositif CEE, répercutent le coût de leur obligation sur le prix à la pompe. Ce surcoût, intégré dans le prix final, représente une composante significative que le consommateur ne perçoit pas directement. En demandant la suspension de cette obligation, les enseignes de distribution proposent une voie de réduction du prix qui ne passe pas par l’encadrement des marges, mais par l’allègement de la charge réglementaire.

Cette proposition n’est pas nouvelle. Elle revient régulièrement dans le débat public à chaque pic de prix des carburants. Mais en Période 6, elle prend une dimension particulière. Le volume global d’obligations CEE a été revu à la hausse, ce qui accentue mécaniquement la pression sur les obligés. Comme le rapporte Connaissance des Énergies, la demande de suspension vise autant un soulagement immédiat pour le consommateur qu’un signal politique adressé au gouvernement sur la soutenabilité du dispositif dans sa forme actuelle.

Quel est le poids réel des CEE dans le prix à la pompe

Le dispositif CEE fonctionne selon un principe simple : les fournisseurs d’énergie (électricité, gaz, carburants) sont tenus par l’État de financer ou de susciter des opérations d’économies d’énergie chez les consommateurs. Pour satisfaire cette obligation, ils achètent des certificats sur le marché ou financent directement des travaux. Le coût de cette obligation est ensuite répercuté dans le prix de vente de l’énergie. Pour les distributeurs de carburant, cette répercussion se traduit par un surcoût unitaire par litre vendu.

Il serait imprudent de citer un montant précis, car le coût dépend du cours du marché CEE, du volume d’obligations de chaque obligé, de sa stratégie d’achat et de la part qu’il choisit de répercuter. Toutefois, le PNCEE (Pôle National des Certificats d’Économies d’Énergie) publie des données agrégées qui permettent d’estimer que la composante CEE constitue un poste non négligeable. Certains analystes la situent dans une fourchette comparable à celle de certaines taxes parafiscales mineures. Pour un professionnel du transport dont le carburant représente le premier poste de charges, même une variation marginale par litre se traduit par un impact significatif sur l’OPEX annuel.

L’ironie de la situation tient à ce que le dispositif CEE, conçu pour inciter aux économies d’énergie, pèse sur le prix d’une énergie dont la consommation est précisément celle que l’on cherche à réduire. Cette circularité fait débat depuis la création du mécanisme, et la polémique actuelle la remet au centre de l’attention politique.

Composante du prix à la pompeNatureInfluence sur le prix final
Cotation internationale (Rotterdam)Marché / Matière premièreVariable selon les cours mondiaux
TICPE (Taxe intérieure de consommation)FiscaleFixe, déterminée par l’État
TVAFiscaleProportionnelle au prix HT + TICPE
Coût logistique (transport, stockage)OpérationnelleVariable selon la zone géographique
Obligation CEERéglementaire / ParafiscaleVariable selon le marché CEE et le volume d’obligations
Marge du distributeurCommercialeVariable, parmi les plus faibles du commerce de détail

Réactions politiques et juridiques autour du plafonnement des marges carburants

Le projet de décret a déclenché des réactions transpartisanes, ce qui en dit long sur la complexité du sujet. À droite, plusieurs parlementaires dénoncent une atteinte à la liberté du commerce et une forme de dirigisme économique incompatible avec l’économie de marché. À gauche, d’autres élus, tout en partageant l’objectif de protéger le pouvoir d’achat, estiment que le texte rate sa cible en s’attaquant aux marges plutôt qu’à la fiscalité ou aux superprofits des raffineurs. Ce clivage inhabituel illustre le caractère inflammable du sujet et l’absence de consensus sur la bonne méthode pour agir sur les prix.

Sur le plan juridique, l’association professionnelle des distributeurs a d’ores et déjà annoncé qu’elle envisageait un recours devant les juridictions administratives si le décret était publié en l’état. L’argument principal repose sur la liberté des prix, consacrée par l’ordonnance de 1986, qui n’admet d’encadrement qu’en cas de situation de crise avérée ou de défaillance manifeste de la concurrence. Or, le marché des carburants en France est considéré comme l’un des plus concurrentiels d’Europe, avec des milliers de points de vente et une transparence tarifaire renforcée par les plateformes gouvernementales de comparaison des prix.

Le précédent de la « remise à la pompe » et ses enseignements

Le gouvernement n’en est pas à sa première intervention sur les prix des carburants. Les remises temporaires appliquées lors de précédentes crises avaient montré leurs limites : effet immédiat sur le prix affiché, mais coût budgétaire considérable et aucun impact structurel sur la formation du prix. Le dispositif actuel se veut différent puisqu’il ne s’agit pas d’une subvention mais d’un plafonnement réglementaire. Cependant, les distributeurs arguent que l’effet sera identique : une compression des marges qui, à terme, réduira les investissements dans la modernisation des stations, la transition vers les bornes de recharge électrique et, plus globalement, la qualité du réseau de distribution.

Ce point mérite attention pour les professionnels de l’énergie et du transport. La dégradation du réseau de distribution pénaliserait en premier lieu les zones rurales et périurbaines, là où les alternatives au véhicule thermique restent limitées. Pour un exploitant agricole ou un transporteur routier opérant dans ces territoires, la fermeture de stations-service indépendantes constituerait un surcoût logistique direct. L’encadrement des marges, pensé comme une mesure de protection du consommateur, pourrait paradoxalement aggraver la fracture territoriale énergétique.

Impact de la polémique sur le dispositif CEE en Période 6

La demande de suspension des CEE formulée par les distributeurs ne relève pas de l’anecdote. Si elle était entendue, même partiellement, les conséquences sur le marché des certificats seraient profondes. Une suspension, même temporaire, provoquerait un effondrement des cours sur le registre Emmy, déstabiliserait les mandataires et les délégataires, et remettrait en question des milliers d’opérations d’économies d’énergie en cours de montage. Pour les bénéficiaires professionnels — industriels, bailleurs, syndics, agriculteurs — cela signifierait un gel potentiel des primes CEE au moment précis où la Période 6 fixe de nouvelles ambitions.

Le PNCEE, garant de la bonne application du dispositif, se retrouverait dans une position délicate. Les dossiers déjà déposés mais non encore validés pourraient être bloqués, créant un embouteillage administratif dont les effets se feraient sentir pendant des mois. Les professionnels qui ont engagé des travaux de rénovation énergétique ou d’optimisation de process industriels en comptant sur le financement CEE se trouveraient face à une incertitude réglementaire incompatible avec la gestion rigoureuse d’un budget d’investissement.

Quels secteurs seraient les plus exposés à une suspension des CEE

Trois filières apparaissent particulièrement vulnérables en cas de suspension, même partielle, du dispositif :

  • Le transport routier de marchandises : les opérations liées à l’optimisation des flottes, au renouvellement de véhicules ou à l’installation de systèmes de gestion de l’énergie embarqués dépendent directement du financement CEE pour réduire le CAPEX.
  • L’agriculture : le remplacement de chaudières, l’isolation de bâtiments d’élevage ou l’installation de récupérateurs de chaleur sur les séchoirs bénéficient de primes CEE qui couvrent une part significative de l’investissement.
  • Le tertiaire et la copropriété : les opérations de calorifugeage, de remplacement de systèmes de ventilation ou de régulation thermique, fréquemment financées via les CEE, seraient suspendues, retardant la mise en conformité réglementaire des bâtiments.

Pour chacune de ces filières, le timing est déterminant. Les fiches d’opération standardisée en vigueur fixent des conditions techniques et des niveaux de performance qui évoluent d’une période à l’autre. Un report de travaux lié à une suspension des CEE pourrait exposer le bénéficiaire à des conditions moins favorables lors de la reprise du dispositif, voire à l’obsolescence de certaines fiches. L’anticipation, plus que jamais, conditionne le retour sur investissement.

Formation du prix des carburants : décryptage technique pour les professionnels

Avant de prendre position dans ce débat, tout DAF ou directeur technique a intérêt à comprendre précisément comment se forme le prix qu’il paie à la pompe ou sur facture de GNR. La cotation de Rotterdam constitue le point de départ. Il s’agit d’un prix de marché fixé quotidiennement sur la base des transactions de gros portant sur les produits raffinés (gazole, essence, fioul). Ce prix fluctue en fonction de l’offre et de la demande mondiales, des capacités de raffinage, des tensions géopolitiques et des niveaux de stocks européens.

À cette cotation s’ajoutent les coûts de transport depuis le port de Rotterdam (ou d’un autre point d’approvisionnement) jusqu’au dépôt régional, puis du dépôt vers la station-service. Les frais de stockage, d’assurance et de qualité viennent compléter le prix de revient. La fiscalité représente la part la plus importante du prix final : la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques) est un montant fixe par litre, auquel s’ajoute la TVA calculée sur l’ensemble (prix HT + TICPE). Enfin, l’obligation CEE et la marge du distributeur closent la structure du prix.

Cotation de Rotterdam et volatilité : pourquoi une moyenne glissante pose problème

Le choix d’une moyenne glissante sur cinq jours comme base de référence soulève une question technique que les distributeurs ont raison de pointer. Les cotations de Rotterdam connaissent des variations intrajournalières et interhebdomadaires parfois brutales, liées à des événements géopolitiques, des pannes de raffineries ou des mouvements spéculatifs. Lisser ces variations sur cinq jours crée un décalage temporel entre le prix d’achat réel du distributeur et le plafond de vente autorisé. En phase de hausse rapide, le distributeur peut se retrouver contraint de vendre à perte ; en phase de baisse, le plafond sera supérieur au marché, rendant le mécanisme inopérant.

Ce décalage temporel est un problème bien connu des professionnels du négoce de matières premières. Les instruments de couverture (hedging) utilisés par les grands groupes ne sont pas accessibles aux stations indépendantes, qui achètent au comptant et subissent donc pleinement la volatilité. Le projet de décret, en imposant un mécanisme uniforme, ignore cette asymétrie structurelle et risque d’accélérer la concentration du marché au profit des acteurs les mieux capitalisés — un résultat exactement inverse à l’objectif affiché de protection du consommateur.

Stratégies d’optimisation des coûts énergétiques pour les professionnels face à l’incertitude réglementaire

L’incertitude générée par ce bras de fer entre gouvernement et distributeurs ne doit pas conduire à l’attentisme. Au contraire, elle renforce la nécessité pour les professionnels de sécuriser dès maintenant leurs dossiers CEE et d’optimiser leur stratégie énergétique globale. Plusieurs leviers concrets s’offrent aux décideurs, quelle que soit l’issue de la polémique.

Premièrement, l’audit énergétique reste le point de départ incontournable de toute démarche d’optimisation. Réalisé par un bureau d’études certifié COFRAC, il permet d’identifier les gisements d’économies exploitables et de quantifier le potentiel CEE associé. Pour un transporteur routier, cet audit peut porter sur la consommation des véhicules, les systèmes de chauffage des entrepôts ou l’éclairage des zones logistiques. Pour un exploitant agricole, il ciblera les process de séchage, la ventilation des bâtiments ou le chauffage des serres.

Deuxièmement, le montage du dossier CEE doit être anticipé et non réactif. La fiche d’opération standardisée en vigueur fixe des critères stricts de performance, de qualification de l’installateur (RGE ou équivalent) et de suivi. Un dossier mal préparé ou déposé hors délai est systématiquement rejeté par le PNCEE, ce qui entraîne la perte pure et simple du bénéfice financier. La maîtrise du calendrier réglementaire et de la documentation technique constitue donc un avantage compétitif direct.

Les erreurs fréquentes qui mènent au rejet par le PNCEE

  • Absence de situation de référence documentée : le PNCEE exige une description précise de l’état initial avant travaux. Sans ce document, le dossier est systématiquement refusé.
  • Non-conformité de l’attestation sur l’honneur : la moindre erreur de date, de référence ou de signature invalide le dossier.
  • Installateur non qualifié : le recours à un prestataire ne disposant pas des certifications requises rend l’opération inéligible.
  • Dépassement du délai de dépôt : chaque fiche fixe un délai maximum entre la date d’achèvement des travaux et le dépôt du dossier. Un dépassement, même d’un jour, entraîne le rejet.
  • Incohérence entre le devis, la facture et l’attestation : les trois documents doivent être parfaitement alignés sur les caractéristiques techniques de l’opération.

Ces rejets, qui peuvent représenter une prise en charge significative perdue, sont évitables à condition de s’appuyer sur une expertise technique et administrative solide. C’est précisément le rôle d’un mandataire CEE qualifié que de sécuriser chaque étape du processus, du premier audit jusqu’à l’obtention effective des certificats.

Le lien stratégique entre politique de prix des carburants et financement de la transition énergétique

Ce que révèle cette polémique, au-delà du sujet immédiat du prix à la pompe, c’est la tension structurelle entre deux objectifs gouvernementaux contradictoires : maintenir des prix énergétiques accessibles et financer la transition énergétique via le dispositif CEE. Les distributeurs, en demandant la suspension des CEE, pointent cette contradiction avec une certaine lucidité. Le dispositif repose sur un principe de pollueur-payeur appliqué aux fournisseurs d’énergie, qui le répercutent in fine sur le consommateur. Alléger le prix à la pompe en supprimant les CEE revient à réduire le financement des opérations d’efficacité énergétique. Maintenir les CEE tout en plafonnant les marges revient à comprimer un distributeur pris en étau entre deux contraintes réglementaires.

Comme le détaille l’analyse parue dans la presse nationale, la question de fond est celle du modèle de financement de la transition énergétique. Faut-il le faire reposer sur le prix de l’énergie consommée, ce qui pénalise mécaniquement les plus gros consommateurs, ou le basculer vers la fiscalité générale ? Ce débat, loin d’être théorique, a des implications directes pour tout professionnel dépendant de l’énergie fossile. Tant que le dispositif CEE reste en vigueur — et tout indique qu’il le restera en Période 6 malgré les pressions — la stratégie optimale consiste à capter le maximum de valeur du mécanisme plutôt qu’à espérer sa disparition.

Un directeur technique qui investit dans l’isolation d’un entrepôt logistique ou dans un système de récupération de chaleur sur un process industriel ne réduit pas seulement son OPEX énergétique. Il génère également des certificats qui, valorisés par un mandataire compétent, viennent abaisser le CAPEX de l’opération. L’effet combiné — baisse de consommation + financement CEE — produit un retour sur investissement que peu d’autres mécanismes peuvent égaler. Les distributeurs, dans leur lettre à Matignon, reconnaissent d’ailleurs implicitement cette valeur puisqu’ils proposent la suspension du dispositif comme une « mesure d’urgence » et non comme une suppression définitive, selon les informations relayées par TV5 Monde.

Le positionnement Ronin Solution : mandataire CEE multiobligés et Tête de réseau EDF

Face à cette instabilité réglementaire, le choix du partenaire CEE n’a jamais été aussi déterminant. Ronin Solution occupe une position rare sur le marché : mandataire CEE multiobligés et Tête de réseau EDF, l’entreprise dispose d’un accès direct à l’obligé sans intermédiaire superflu. Cela signifie concrètement que les dossiers sont traités avec une réactivité que les circuits classiques ne permettent pas, et que la valorisation des certificats bénéficie des meilleures conditions du marché.

L’ingénierie financière proposée couvre l’intégralité du cycle : identification des gisements d’économies, calcul du potentiel CEE, montage du dossier technique et administratif, dépôt auprès du PNCEE, gestion des éventuels rejets et obtention des certificats. Pour le bénéficiaire — qu’il soit DAF d’un groupe de transport, syndic d’une copropriété ou exploitant agricole — cela se traduit par zéro paperasse et une optimisation du financement de chaque opération. Le suivi est personnalisé, chaque dossier est traité individuellement, et la connaissance fine des exigences du PNCEE permet d’anticiper les points de blocage avant qu’ils ne se transforment en rejets.

La réactivité face aux rejets constitue d’ailleurs un avantage compétitif majeur. Un dossier en anomalie n’est pas nécessairement perdu : il peut souvent être corrigé et redéposé dans les délais si l’erreur est identifiée rapidement. Ronin Solution maintient une veille permanente sur les évolutions réglementaires, les mises à jour de fiches d’opération standardisée et les exigences documentaires du pôle national. Cette expertise technique, combinée à la puissance du réseau EDF, offre aux professionnels une sécurité que les acteurs généralistes ne peuvent garantir.

Dans le contexte actuel, où la menace d’une suspension même temporaire des CEE plane, disposer d’un mandataire capable de déposer et faire valider les dossiers rapidement constitue un atout stratégique. Chaque jour gagné dans le traitement d’un dossier est un jour de sécurité supplémentaire face à l’incertitude réglementaire. Ronin Solution s’engage à cette rapidité, sans compromis sur la qualité technique des dossiers.

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Le projet de décret sur l’encadrement des marges carburants est-il déjà en vigueur ?

Non. À ce stade, il s’agit d’un projet de décret en cours de préparation. Les distributeurs ont demandé son retrait dans une lettre adressée au Premier ministre. Le texte pourrait faire l’objet de modifications substantielles ou être abandonné selon l’évolution des négociations politiques.

Une suspension des CEE entraînerait-elle la perte des dossiers déjà déposés ?

Les dossiers déjà déposés et validés par le PNCEE ne seraient pas remis en cause rétroactivement. En revanche, les dossiers en cours d’instruction pourraient connaître des retards, et les opérations non encore engagées seraient gelées pendant la durée de la suspension. D’où l’intérêt d’anticiper et de déposer rapidement les dossiers éligibles.

Comment un mandataire CEE comme Ronin Solution protège-t-il mon dossier face aux rejets du PNCEE ?

Ronin Solution assure un contrôle qualité rigoureux à chaque étape du montage : vérification de la situation de référence, conformité de l’attestation sur l’honneur, cohérence entre devis, facture et caractéristiques techniques, respect des délais de dépôt. En cas de rejet, l’équipe identifie immédiatement la cause et procède à la correction dans les délais impartis.

Quels professionnels sont les plus concernés par la composante CEE dans le prix des carburants ?

Les transporteurs routiers, les exploitants agricoles consommateurs de GNR, les entreprises de logistique et plus largement tous les professionnels dont le carburant constitue un poste de charges déterminant. Ces acteurs ont tout intérêt à optimiser leur stratégie CEE pour compenser partiellement le surcoût intégré au prix à la pompe.

Pourquoi choisir un mandataire Tête de réseau EDF plutôt qu’un intermédiaire classique ?

Le statut de Tête de réseau EDF offre un accès direct à l’obligé, ce qui accélère le traitement des dossiers et garantit une valorisation optimale des certificats. Contrairement à un intermédiaire classique qui revend les certificats à un obligé via plusieurs échelons, le mandataire Tête de réseau supprime les couches intermédiaires, réduisant les délais et maximisant le retour financier pour le bénéficiaire.

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Morgan NEVIERE

Expert CEE B2B, mandataire CEE et tête de réseau EDF, je pilote des projets d'efficacité énergétique pour accompagner les entreprises vers une transition énergétique réussie. Spécialiste du tertiaire, industrie, transport et résidentiel collectif.
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