Le décret n° 2025-1048 du 30 octobre 2025 a officiellement posé les fondations réglementaires de la sixième période du dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE), la 6ème période dite P6, couvrant les années 2026 à 2030. Publié au Journal officiel du 4 novembre 2025, ce texte redéfinit en profondeur les règles du jeu pour l’ensemble des acteurs de la filière : obligés, délégataires, mandataires et bénéficiaires finaux.
Avec une obligation annuelle fixée à 1 050 TWhc par an — soit une hausse de 27 % par rapport aux dernières années de la P5 — le signal envoyé par les pouvoirs publics est sans ambiguïté. La France accélère sa trajectoire de décarbonation, et le dispositif CEE reste l’un des leviers les plus puissants pour financer la transition énergétique du parc bâti, de l’industrie et du secteur agricole.
Au-delà du simple rehaussement des volumes, c’est toute l’architecture du dispositif qui évolue. L’abaissement spectaculaire des seuils d’assujettissement va mécaniquement élargir le cercle des obligés, intégrant de nombreux distributeurs de taille intermédiaire qui n’avaient jamais eu à se conformer au dispositif.
Les coefficients par énergie, le doublement du volume minimal de délégation partielle, la création d’une durée de vie de douze ans pour les certificats, ou encore le renforcement de la transparence sur les liens capitalistiques entre parties prenantes : chaque disposition traduit une volonté de professionnalisation, de fluidité du marché et de lutte contre la fraude. Pour les directions financières, les directions techniques et les syndics, comprendre ces nouveaux paramètres n’est plus optionnel — c’est un impératif opérationnel pour sécuriser le financement de leurs projets d’efficacité énergétique sur les cinq prochaines années.
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En Bref
- Période couverte : 5 ans (2026-2030), contre 4 ans pour la P5, permettant un meilleur lissage des obligations et une planification plus fine des investissements.
- Obligation annuelle nationale : 1 050 TWhc/an au total, dont 280 TWhc/an dédiés à la précarité énergétique (coefficient de pondération de 0,364).
- Seuils d’assujettissement en chute libre : passage de 7 000 m³ à 500 m³ pour le fioul domestique et les carburants, multipliant le nombre d’obligés.
- Nouveautés structurantes : annulation automatique des CEE après 12 ans, doublement du plancher de délégation partielle à 2 TWhc, et déclaration obligatoire de tous les liens capitalistiques directs ou indirects dans les contrats de cession.
Table des matières
Décret n° 2025-1048 : les nouvelles obligations CEE et les seuils d’assujettissement de la Période 6
L’un des changements les plus impactants du décret n° 2025-1048 réside dans la redéfinition radicale des seuils à partir desquels un acteur énergétique devient obligé au titre du dispositif CEE. Jusqu’à la fin de la P5, un distributeur de fioul domestique n’entrait dans le périmètre qu’à partir de 7 000 m³ mis à la consommation. Ce seuil tombe désormais à 500 m³, soit une réduction de près de 93 %. Le même mécanisme s’applique aux carburants hors GPL, tandis que le GPL carburant passe de 7 000 tonnes à 2 000 tonnes.
Concrètement, des centaines de petites stations-service, de distributeurs régionaux et de fournisseurs locaux se retrouvent pour la première fois assujettis à une obligation de production de CEE. C’est un bouleversement structurel qui transforme la carte des obligés en France.
Pour un DAF ou un directeur technique qui découvre cette obligation, la question se pose immédiatement : comment s’organiser ? L’obligation se calcule selon une formule précise, basée sur le volume mis à la consommation au-delà du seuil, multiplié par un coefficient propre à chaque type d’énergie. Le fioul domestique porte le coefficient le plus élevé, traduisant la volonté de pénaliser les énergies fossiles les plus carbonées.
L’électricité, plus décarbonée dans le mix français, bénéficie d’un coefficient nettement inférieur. Le gaz naturel se situe dans une position intermédiaire, cohérente avec son rôle de « carburant de transition ». Cette logique de pondération n’est pas nouvelle, mais les coefficients P6 ont été recalibrés pour s’aligner sur les objectifs de la directive européenne 2023/1791, qui impose à la France une réduction de 12,9 % de sa consommation finale d’énergie d’ici 2030.
Prenons l’exemple d’une coopérative agricole qui distribue 800 m³ de fioul domestique par an. Avec l’ancien seuil de 7 000 m³, elle n’était tout simplement pas concernée. Désormais, ses 300 m³ au-dessus du nouveau seuil de 500 m³ génèrent une obligation qui, si elle n’est pas anticipée, peut peser lourdement sur les finances. Ce type de structure doit dès à présent identifier un partenaire mandataire capable de l’accompagner dans la constitution de son dossier et la valorisation de ses gisements d’économies d’énergie. L’improvisation n’est plus une option face à la rigueur du PNCEE (Pôle National des Certificats d’Économies d’Énergie) en matière de contrôle documentaire.
La montée en puissance de l’obligation précarité énergétique
La P6 confirme et renforce la double obligation qui pèse sur chaque obligé : une obligation « classique » et une obligation spécifique dédiée à la précarité énergétique. Le coefficient de pondération retenu — 0,364 — signifie que plus d’un tiers de l’effort total doit être orienté vers des actions bénéficiant aux ménages en situation de précarité. Sur le plan national, cela représente 280 TWhc par an, un volume qui contraint les acteurs à sourcer des opérations spécifiquement ciblées sur les logements de ménages aux revenus modestes et très modestes.
Pour les syndics de copropriété, cette disposition ouvre un levier de financement déterminant. Les rénovations globales de copropriétés incluant des logements occupés par des ménages précaires permettent de générer des CEE « précarité » dont la valeur de marché est souvent supérieure à celle des CEE classiques, en raison de la tension structurelle sur cette catégorie. Encore faut-il disposer de l’ingénierie documentaire nécessaire pour qualifier correctement les bénéficiaires et éviter un rejet du PNCEE en aval. C’est précisément sur ce point que le recours à un mandataire expérimenté fait toute la différence — le moindre écart dans la pièce justificative peut invalider un dossier complet.
Transparence, durée de vie des CEE et encadrement renforcé des acteurs en P6
Le texte publié au Journal officiel introduit plusieurs mécanismes anti-fraude et de régulation du marché qui vont transformer les pratiques de l’ensemble de la chaîne de valeur CEE. Le premier, et sans doute le plus symbolique, est l’annulation automatique des CEE après 12 ans. Avant la P6, les certificats n’avaient pas de date de péremption : un acteur pouvait accumuler des stocks sur son compte Emmy sans contrainte temporelle, créant des effets de thésaurisation et de spéculation. Ce temps est révolu.
Un certificat délivré le 1er janvier 2026 sera automatiquement supprimé le 1er janvier 2038. Cette mesure force la rotation des stocks, fluidifie le marché et incite les détenteurs à valoriser rapidement leurs certificats plutôt qu’à spéculer sur une hausse de prix future.
Le second axe de renforcement concerne la transparence des liens capitalistiques. L’article R. 221-14-2 modifié impose désormais la déclaration de tous les liens directs ou indirects entre les parties intervenant dans une cession de CEE : le cédant, le premier détenteur, ses mandataires, les organismes de contrôle accrédités COFRAC, et les professionnels ayant réalisé les travaux. L’ancien seuil de 25 % de détention capitalistique a été abandonné au profit d’une logique de transparence totale.
Comment cela se traduit-il sur le terrain ? Imaginons une entreprise de travaux qui réalise une isolation pour le compte d’un bénéficiaire, avec des CEE ensuite cédés à un obligé. Si cette entreprise de travaux détient, même indirectement, une participation dans l’organisme de contrôle ayant validé le chantier, ce lien doit figurer explicitement dans le contrat de cession. L’objectif est limpide : démanteler les montages opaques qui ont entaché la crédibilité du dispositif lors des périodes précédentes.
Délégation d’obligations : un accès plus sélectif aux acteurs structurés
Le décret relatif à la sixième période relève également le volume minimal de délégation partielle à 2 TWhc, contre 1 TWhc auparavant. Ce doublement a une conséquence directe : un obligé qui souhaite ne déléguer qu’une fraction de son obligation doit confier au moins 2 milliards de kWh cumac à un délégataire. En dessous de ce plancher, la délégation partielle est tout simplement interdite. Il reste possible de déléguer la totalité de son obligation sans contrainte de volume, mais la délégation partielle devient un privilège réservé aux opérations d’envergure.
Côté délégataire, les conditions d’accès se durcissent parallèlement. Le volume minimal reçu passe de 150 millions à 300 millions de kWh cumac, et la certification ISO 9001 reste obligatoire. Ces exigences écartent mécaniquement les structures opportunistes ou sous-dimensionnées, au profit d’acteurs disposant d’une réelle capacité opérationnelle et d’un système de management de la qualité éprouvé. Pour les obligés de taille intermédiaire — ceux qui découvrent le dispositif avec l’abaissement des seuils — le message est clair : mieux vaut s’adosser à un partenaire mandataire solide plutôt que de tenter de gérer seul un dispositif dont la complexité administrative et réglementaire ne cesse de croître.

Pondérations socio-économiques et application de la loi « Cazenave »
Le décret introduit un mécanisme de pondération du volume de CEE délivré en fonction de critères socio-économiques précis. Le principe : les opérations dont le temps de retour sur investissement (TRI) est inférieur à trois ans voient leur volume de CEE réduit, voire annulé. L’idée sous-jacente est de concentrer le soutien public sur les projets qui en ont réellement besoin, plutôt que de subventionner des opérations déjà rentables sans aide. De la même manière, les opérations pour lesquelles le reste à charge du bénéficiaire est jugé insuffisant peuvent faire l’objet d’une pondération négative. C’est l’application concrète de ce que le secteur appelle la « loi Cazenave », qui vise à responsabiliser les bénéficiaires et à éviter les effets d’aubaine.
Pour une exploitation agricole qui envisage l’installation d’un système de récupération de chaleur sur ses bâtiments d’élevage, cette disposition signifie qu’il faut modéliser finement le TRI et le reste à charge avant même de déposer un dossier CEE. Un projet trop rapidement amorti pourrait voir sa prime CEE drastiquement réduite, modifiant totalement l’équation financière.
C’est là que l’ingénierie financière en amont prend tout son sens : calibrer l’opération pour qu’elle reste éligible à une prise en charge significative tout en respectant les nouveaux garde-fous réglementaires. Les programmes CEE, dont le plafond passe à 500 TWhc sur la P6 (+40 % par rapport à la P5), offrent par ailleurs des possibilités complémentaires de financement pour les actions d’accompagnement et de formation qui ne relèvent pas des fiches d’opération standardisée en vigueur.
Le positionnement Ronin Solution : votre mandataire CEE multiobligés en Période 6
Face à cette complexification du dispositif, le choix du bon partenaire devient un facteur déterminant dans la réussite de vos projets d’efficacité énergétique. Ronin Solution occupe une position rare sur le marché : celle de mandataire CEE multiobligés et Tête de réseau EDF. Ce statut offre un avantage concurrentiel majeur — un accès direct à l’obligé, sans intermédiaire superflu, ce qui se traduit par une sécurisation maximale des dossiers et une valorisation optimale des volumes de CEE générés par vos opérations.
Qu’est-ce que cela change concrètement pour un DAF, un directeur technique ou un syndic ? Là où d’autres structures se contentent de collecter des dossiers et de les transmettre à un obligé, Ronin Solution déploie une ingénierie financière sur-mesure de A à Z. De l’audit initial de votre gisement CEE à la constitution du dossier conforme aux exigences du PNCEE, en passant par le suivi post-dépôt et la gestion proactive des éventuels rejets, chaque étape est pilotée en interne. Les rejets du PNCEE — qui peuvent représenter plusieurs mois de blocage pour un dossier mal monté — sont traités avec une réactivité absolue grâce à la connaissance fine des attendus réglementaires de la P6.
La promesse est simple : zéro paperasse pour le bénéficiaire. L’ensemble de la charge administrative — conformité documentaire, vérification des pièces justificatives, respect des fiches d’opération standardisée en vigueur, coordination avec les organismes de contrôle accrédités COFRAC — est absorbé par les équipes Ronin Solution. Pour les nouveaux obligés qui découvrent le dispositif suite à l’abaissement des seuils d’assujettissement, c’est l’assurance de ne pas naviguer seul dans un cadre réglementaire dont la technicité atteint un niveau inédit.
Et pour les acteurs déjà familiers du dispositif, c’est la garantie d’une optimisation du financement et d’une baisse effective du CAPEX sur chaque projet, grâce à un positionnement multiobligés qui permet de mettre en concurrence les offres et de sélectionner la meilleure valorisation disponible.
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Quels sont les principaux changements du décret n° 2025-1048 pour la Période 6 des CEE ?
Le décret fixe l’obligation annuelle nationale à 1 050 TWhc/an (dont 280 TWhc/an pour la précarité), abaisse drastiquement les seuils d’assujettissement (de 7 000 m³ à 500 m³ pour le fioul et les carburants), instaure une durée de vie de 12 ans pour les certificats, double le plancher de délégation partielle à 2 TWhc et renforce la transparence sur les liens capitalistiques entre parties prenantes.
Qui sont les nouveaux obligés CEE en Période 6 ?
Avec l’abaissement des seuils, de nombreux distributeurs de fioul domestique, stations-service et fournisseurs de carburants de taille intermédiaire deviennent obligés dès lors qu’ils mettent à la consommation plus de 500 m³ de fioul ou de carburants, ou plus de 2 000 tonnes de GPL carburant. Cela concerne notamment les coopératives agricoles et les distributeurs régionaux.
Que signifie l’annulation automatique des CEE après 12 ans ?
Tout certificat d’économie d’énergie délivré à compter du 1er janvier 2026 sera automatiquement supprimé du compte Emmy de son détenteur 12 ans après sa date de délivrance. Cette mesure vise à fluidifier le marché, éviter la spéculation et encourager l’utilisation rapide des certificats.
Quel est l’intérêt de faire appel à un mandataire CEE multiobligés comme Ronin Solution ?
Un mandataire multiobligés et Tête de réseau EDF comme Ronin Solution offre un accès direct à l’obligé, une ingénierie financière sur-mesure, une gestion complète de la charge administrative et une réactivité face aux rejets du PNCEE. Cela permet d’optimiser le financement de vos projets et de réduire significativement votre CAPEX sans aucune paperasse de votre côté.
Comment la Période 6 des CEE s’articule-t-elle avec les objectifs européens ?
Le dispositif CEE français est l’un des principaux outils de la France pour atteindre les objectifs de la directive européenne 2023/1791, qui impose une réduction de 12,9 % de la consommation finale d’énergie d’ici 2030. Les pondérations CEE P6 sont calibrées pour respecter les réductions annuelles progressives exigées par cette directive.






